Conduite d'élevage et relations homme-animal

Bien-être animal : une préoccupation de tout éleveur

Par 13 septembre 2021 septembre 28th, 2021 Pas de commentaire

Extrait : Type de document : Actualité des Chambres d’agriculture France

Auteur : Chambres d’agriculture France

Extrait : Le Bien-être animal tombe régulièrement sous le feu de l’actualité. Encore faut-il disposer de quelques clés scientifiques pour pouvoir véritablement en appréhender le concept. Des scientifiques ont étudié le comportement des animaux en bâtiment ou en liberté pour préconiser quelques aménagements à réaliser mais aussi élaborer des grilles d’évaluation qui seront bientôt utilisées dans l’ensemble des élevages.

Qu’est-ce que le bien-être des animaux ?

Le bien-être des animaux est défini comme “l’état mental et physique positif lié à la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux, ainsi que ses attentes. Cet état varie en fonction de la perception de la situation par l’animal” (Avis Anses, février 2018). Sa véritable appréhension ne peut échapper à l’éthologie : l’étude scientifique du comportement des espèces animales dans leur milieu naturel ou dans un environnement spécifique et doit se garder de toute tendance anthropomorphique (assimilation au comportement humain).

Les 5 libertés de l’animal

Le Farm Animal Welfare Council est un organe consultatif indépendant créé par le gouvernement de Grande-Bretagne à la fin des années 70. Son but est d’étudier les conditions de bien-être des animaux sur les terres agricoles, pendant leur transport sur les lieux d’abattage et de conseiller le gouvernement britannique sur les changements qui pourraient être nécessaires. En 1992, cette organisation définit les cinq libertés de l’animal :

– Ne pas souffrir de faim ou de soif

– Ne pas souffrir d’inconfort

– Ne pas souffrir de douleurs, de blessures ou de maladies

– Ne pas éprouver de peur ou de détresse

– Pouvoir exprimer les comportements naturels de l’espèce.

Des aménagements possibles

Les 4 premiers objectifs relèvent des contraintes de tout élevage. Ne pas y subvenir serait, en dehors d’un aspect purement moral, totalement contreproductif. Les animaux deviendraient vite malades, nécessiteraient des soins coûteux, et ne produiraient pas aussi bien que s’ils sont en bonne santé (viande, œufs, lait).

Le cinquième enjeu, d’une portée plus éthologique est celui sur lequel il faut porter une attention toute particulière. L’observation du comportement des animaux en liberté constitue un principe fondamental pour déterminer les leviers à actionner et les conditions particulières à mettre en place au sein des élevages pour contribuer favorablement à cet aspect du bien être. Par exemple, une chèvre en liberté a tendance à grimper et se percher et peut ressentir de la frustration si son environnement ne le lui permet pas. Certains animaux ont besoin certes d’espace mais également de surface de grattage ou d’aires de fouissage.

Des aménagements favorisant ces comportements naturels sont donc possibles :

– création de parcours et de circulation à l’intérieur ou à l’extérieur des bâtiments

– mise à disposition de brosses automatiques

– implantation de perchoirs

– ajout de litière favorisant le fouissage etc.

Plusieurs grilles d’évaluation du bien-être spécifiques

Des protocoles, à partir d’une observation rigoureuse du milieu de vie et des comportements spécifiques des animaux, évaluant leur bien-être, ont été construits au niveau européen dans le cadre du projet Welfare Quality®.

En découle aujourd’hui la mise en œuvre en France de méthodes d’évaluation spécifiques pour chaque espèce :

– EBENE pour les volailles

– BOVIWELL pour les vaches

– BEEP pour les cochons

– GOATWELL pour les chèvres

A terme, tous les élevages français seront évalués et accompagnés notamment avec l’aide de ces outils.

Extrait du site des Chambres d’agriculture France