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Ethique-sociologie-philosophie-droitInitiatives en faveur du bien-être animal

Les Français et le bien-être des animaux – Vague 9

By 9 février 2026février 27th, 2026No Comments

Type de document : sondage Ifop pour la Fondation 30 Millions d’Amis

Auteurs : Hugo Masserre, Léo Major

Extrait : Pour cette 9ème vague du baromètre et à 3 mois des élections municipales 2026, l’Ifop pour la Fondation 30 Millions d’Amis a interrogé les Français sur leurs perceptions du bien-être des animaux.
Des animaux de compagnie perçus comme nettement mieux protégés que les animaux sauvages
Les Français appréhendent le bien-être animal avant tout à l’aune de la proximité affective qui les relie aux animaux. Les animaux de compagnie, inscrits dans une relation quotidienne et émotionnelle avec leur maître, demeurent ainsi perçus comme largement bien traités (80%, soit +2 points par rapport à 2025). À l’inverse, plus l’animal est éloigné de cette sphère affective, plus sa condition apparaît fragile : seulement 48% des Français estiment que le bien-être des animaux sauvages est bien assuré (-3 points par rapport à l’année dernière). Cette hiérarchisation révèle donc une vision du bien-être animal fortement liée à la proximité affective avec les Français, en contraste avec des institutions publiques jugées insuffisamment mobilisées. La défiance à l’égard des pouvoirs publics s’est en effet accentuée : seuls 43% des Français estiment que la législation protège efficacement les animaux (–6 points en un an), et la confiance envers les juges et les tribunaux recule également (–2 points). Cette protection est perçue comme d’autant plus faible pour les animaux sauvages, dont le cadre juridique apparaît nettement moins favorable que celui des animaux de compagnie. Face à ce constat, 82% des Français soutiennent la proposition de la Fondation 30 Millions d’Amis de doter les animaux du statut juridique de « personne non humaine ». (…)
Face au manque de défense perçu des animaux par les instances nationales, les Français soutiennent massivement les propositions testées dans notre enquête
Les propositions testées peuvent être regroupées autour de quatre grands axes :
– la marchandisation des animaux ;
– les conditions d’élevage et d’abattage ;
– les activités humaines de loisir (chasse et corrida) ;
– les usages scientifiques et médicaux concernant les animaux.
Un souhait d’interdiction de la marchandisation des animaux de compagnie toujours très largement partagé, et en progression cette année
Le rapport des Français à la marchandisation des animaux de compagnie demeure marqué par une forte hostilité. Ainsi, 86% des Français se déclarent favorables à l’interdiction de la vente en ligne de tous les animaux (+2 points par rapport à janvier 2025). Ce soutien est un peu moins massif, mais reste très élevé, concernant l’interdiction de la vente d’animaux de compagnie en animalerie (77%, soit +1 point).
Des Français intransigeants sur les questions d’élevage et d’abattage des animaux
Les Français se montrent particulièrement « fermes » sur les enjeux liés à l’élevage et à l’abattage des animaux. Ainsi, 82% se déclarent favorables à l’interdiction de l’élevage intensif (un soutien très marqué chez les jeunes), et 91% (= 2025) plaident pour l’interdiction du transport d’animaux d’élevage vivants. Les questions d’élevage apparaissent étroitement liées à celles de l’abattage. 81% des Français se prononcent en faveur de l’abattage des animaux d’élevage directement sur leur lieu d’élevage plutôt que dans des abattoirs, et 92% se disent favorables à la généralisation de la vidéosurveillance dans les abattoirs — un niveau record depuis le début de notre baromètre. Enfin, plus largement, 88% estiment que l’abattage d’animaux conscients est inacceptable.
Des Français contre les activités humaines de « plaisir » impliquant les animaux
Les Français se montrent sensibles aux pratiques de loisir mettant en jeu la souffrance animale. Concernant la corrida, 78% se déclarent favorables à son interdiction, soit le niveau le plus élevé mesuré depuis le début du baromètre. En miroir, seuls 21% estiment légitime de faire souffrir des animaux au nom de certaines traditions locales, une légitimité en net recul (–6 points par rapport à janvier 2025). L’opinion se positionne également très majoritairement en faveur de l’interdiction de la chasse à courre (78%, soit +2 points sur un an), et que les vacances scolaires, weekends et jours fériés deviennent des jours non chassés (entre 79% et 82% d’adhésion).
Les usages scientifiques et médicaux concernant les animaux : les Français disent majoritairement « non » à l’expérimentation animale
Une proportion considérable (80%) de Français se déclarent favorables à l’interdiction totale de toute expérimentation animale. […]

Focus élections : les animaux s’invitent dans les élections municipales de 2026
Près de la moitié des Français (51%) considèrent que les prises de position ou les mesures annoncées par un candidat en faveur de la cause animale seraient susceptibles de les inciter à voter pour lui. Nous observons des écarts en fonction de l’âge : les jeunes (67% des moins de 35 ans) y sont davantage sensibles que les séniors (41%), au même titre que les « possesseurs d’animaux de compagnie » (63% contre 37% chez les Français ne possédant pas d’animaux de compagnie). Notons qu’il n’existe pas de différence en fonction du lieu géographique, ou encore en fonction du niveau de diplôme. Outre les variables sociodémographiques, des clivages se font jour en fonction de la proximité partisane. 66% des partisans de gauche (dont 74% auprès de LFI et des Ecologistes) considèrent que les prises de position ou les mesures annoncées par un candidat en faveur de la cause animale seraient susceptibles de les inciter à voter pour lui, contre 35% chez les proches des Républicains et 51% chez les sympathisants du Rassemblement national. L’étude met également en exergue un noyau dur de 18% de Français qui considèrent que les prises de position ou les mesures annoncées par un candidat en faveur de la cause animale seraient tout à fait susceptibles de les inciter à voter pour lui, soit une hausse de 3 points en comparaison à 2020. Bien que nettement derrière le « trio » de tête des enjeux déterminants du vote pour les prochaines élections municipales (la sécurité, les finances et l’offre de soins), la prise en compte des animaux aura un impact significatif dans le choix de vote des électeurs !
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Extrait du site de l’Ifop