Type de document : synthèse scientifique disponible avant publication dans Animal
Auteurs : I. Veissier, C. Terlouw, R. Botreau, V. Deiss, S. Cowie
Résumé en français (traduction) : La valeur hédonique intrinsèque, la complexité et la possibilité d’agir en tant que caractéristiques essentielles d’un environnement favorable au bien-être des animaux
Le bien-être animal a d’abord été défini comme l’absence d’expériences négatives. Plus récemment, l’importance des affects positifs a été reconnue. Cela suggère l’existence d’un continuum allant d’un très mauvais bien-être, où la souffrance prédomine, à un très bon bien-être, où les affects positifs prédominent, et que la valeur hédonique intrinsèque de l’environnement, c’est-à-dire le fait qu’il soit agréable ou non, détermine le niveau de bien-être qu’un animal peut atteindre sur ce continuum. Dans cet article, nous nous demandons si des environnements présentant une valeur hédonique intrinsèque élevée suffisent à garantir un bon bien-être. Par exemple, des environnements agréables mais monotones peuvent induire de l’ennui, ce qui est susceptible d’affecter négativement les animaux. En revanche, des environnements complexes peuvent encourager l’engagement. De plus, la possibilité d’agir librement et efficacement joue un rôle. Les environnements qui limitent l’expression comportementale ou rendent le comportement inefficace peuvent conduire à la frustration et à l’apathie. À l’inverse, les environnements qui offrent une liberté d’action et rendent ces actions efficaces encouragent les animaux à exercer leur capacité d’agir – par le biais de choix, de contrôle, de résolution de problèmes, d’action libre ou d’exploration. Nous soutenons que la valeur hédonique intrinsèque, la complexité et la possibilité d’agir contribuent toutes au bien-être. Cependant, un niveau élevé et constant de valeur hédonique peut entraîner une diminution de la valeur hédonique perçue par l’animal. Un environnement trop complexe ou offrant une trop grande variété d’actions peut submerger les animaux. Par conséquent, plutôt que d’être maximisés, la valeur hédonique, la complexité et les possibilités d’action doivent être optimisées pour maximiser le bien-être animal. Le point d’équilibre varie d’un individu à l’autre en fonction de facteurs tels que l’espèce, l’âge, l’état physiologique ou les traits individuels.
Résumé en anglais (original) : Animal welfare was initially conceived as the absence of negative experiences. More recently, the importance of positive affects was recognised. This suggests a continuum from very poor welfare, where suffering predominates, to very good welfare, where positive affects predominate, and that the intrinsic hedonic value of the environment, i.e. whether it is pleasant or not, determines the level of welfare an animal can reach on this continuum. In this paper we question whether environments with a high intrinsic hedonic value are enough to allow good welfare. For instance, pleasant but monotonous environments can induce boredom, which is likely to affect animals negatively. By contrast, complex environments can encourage engagement. In addition, the possibility to act freely and efficiently plays a role. Environments that limit behavioural expression or make behaviour inefficient can lead to frustration and apathy. By contrast, environments that give freedom of action and make these actions efficient encourage animals to exert their agency – through choices, control, problem solving, free action, or exploration. We argue that intrinsic hedonic value, complexity, and possibility for action all contribute to welfare. However, a constant high level of hedonic value may result in a decrease in the hedonic value perceived by the animal. An overly complex environment or one that affords too wide a variety of actions may overwhelm animals. Therefore, rather than being maximised, hedonic value, complexity, and possibility for action need to be optimised to maximise animal welfare. Where the optimum sits varies between individuals depending on factors such as species, age, physiological status, or individual traits.


