Type de document : rapport de consensus publié dans Equine Veterinary Education
Auteurs : Hopster, K., Spadavecchia, C., Lindegaard, C., Dalla Costa, E., de Grauw, J., Gudden, D., Andersen, P.H., McDonnell, S., van Dierendonck, M. and van Loon, T.
Résumé en français (traduction) : Rapport de consensus issu des réunions du groupe de travail Havemeyer sur l’évaluation de la douleur chez les chevaux
La reconnaissance et l’évaluation de la douleur chez les chevaux restent des aspects fondamentaux mais complexes de la pratique clinique et du bien-être équins. Contrairement aux patients humains, les chevaux ne peuvent pas signaler eux-mêmes leur douleur, ce qui oblige les cliniciens à s’appuyer sur l’observation comportementale, des indicateurs physiologiques et des outils d’évaluation structurés. Au cours des deux dernières décennies, de nombreuses échelles de douleur et méthodologies ont été développées ; cependant, leur adoption reste inégale dans la pratique quotidienne en raison de leur complexité, des exigences de formation et de leur applicabilité limitée dans différents contextes cliniques. Le groupe de travail Havemeyer sur l’évaluation de la douleur chez les chevaux a réuni des experts internationaux en médecine équine, anesthésie, chirurgie, comportement et bien-être afin d’évaluer les méthodologies actuelles et d’établir une voie vers la normalisation. Deux réunions de consensus ont eu lieu à Reykjavík (2022) et à West Chester (2024). La première réunion a passé en revue les approches existantes, notamment l’observation comportementale, l’analyse des expressions faciales, les systèmes basés sur l’éthogramme, les échelles de douleur composites, l’analyse de la démarche, les tests sensoriels quantitatifs et les outils spécifiques à certaines pathologies pour les poulains, les ânes et la douleur postopératoire ou chronique. Les participants ont conclu qu’aucune méthode unique ne permettait de saisir de manière adéquate la nature multidimensionnelle de la douleur équine. La deuxième réunion s’est concentrée sur la mise en œuvre pratique. Parmi les instruments disponibles, l’Échelle de la douleur équine (EPS) a été identifiée comme la candidate la plus viable pour une utilisation clinique de routine en raison de sa concision, de sa structure multidimensionnelle et de sa fiabilité démontrée entre les observateurs. Le groupe de travail a souligné que la réussite de la mise en œuvre nécessite une formation, l’intégration dans les dossiers médicaux électroniques et la collecte de données multicentrique plutôt qu’une prolifération supplémentaire de nouvelles échelles. Dans l’ensemble, le rapport de consensus souligne la nécessité de considérer l’évaluation de la douleur comme un signe vital clinique fondamental. L’adoption immédiate d’une notation standardisée et pratique – en particulier l’EPS – combinée à des études de validation en cours et à des technologies émergentes telles que l’analyse vidéo automatisée représente la stratégie la plus efficace pour améliorer le bien-être des chevaux et la prise de décision clinique.
Résumé en anglais (original) : Recognition and assessment of pain in horses remain fundamental yet challenging aspects of equine clinical practice and welfare. Unlike human patients, horses cannot self-report pain, requiring clinicians to rely on behavioural observation, physiological indicators and structured assessment tools. Over the past two decades, numerous pain scales and methodologies have been developed; however, inconsistent adoption in everyday practice persists due to complexity, training requirements and limited applicability across clinical contexts. The Havemeyer Working Group on Equine Pain Assessment convened international experts in equine medicine, anaesthesia, surgery, behaviour and welfare to evaluate current methodologies and establish a pathway toward standardisation. Two consensus meetings were held in Reykjavík (2022) and West Chester (2024). The first meeting reviewed existing approaches, including behavioural observation, facial expression analysis, ethogram-based systems, composite pain scales, gait analysis, quantitative sensory testing and condition-specific tools for foals, donkeys and postoperative or chronic pain. Participants concluded that no single method adequately captures the multidimensional nature of equine pain. The second meeting focused on practical implementation. Among available instruments, the Equine Pain Scale (EPS) was identified as the most feasible candidate for routine clinical use due to its brevity, multidimensional structure and demonstrated reliability across observers. The Working Group emphasised that successful implementation requires education, integration into electronic medical records and multicentre data collection rather than further proliferation of new scales. Overall, the consensus report highlights the need to treat pain assessment as a core clinical vital sign. Immediate adoption of standardised, practical scoring – particularly the EPS – combined with ongoing validation studies and emerging technologies such as automated video analysis represents the most effective strategy to improve equine welfare and clinical decision-making.
