Cognition-émotions

Socio-ecological correlates of neophobia in corvids

Par 17 novembre 2021 décembre 8th, 2021 Pas de commentaire

Type de document : Article scientifique publié dans Current Biology.

Auteurs : Rachael Miller, Megan L. Lambert, Anna Frohnwieser, Katharina F. Brecht, Thomas Bugnyar, Isabelle Crampton, Elias Garcia-Pelegrin, Kristy Gould, Alison L. Greggor, Ei-Ichi Izawa, Debbie M. Kelly, Zhongqiu Li, Yunchao Luo, Linh B. Luong, Jorg J.M. Massen, Andreas Nieder, Stephan A. Reber, Martina Schiestl, Akiko Seguchi, Parisa Sepehri, Jeffrey R. Stevens, Alexander H. Taylor, Lin Wang, London M. Wolff, Yigui Zhang, Nicola S. Clayton

Résumé en français (traduction) : Facteurs socio-écologiques de la néophobie chez les corvidés
Les réponses comportementales à la nouveauté, y compris la peur et l’évitement ultérieur des nouveaux stimuli, c’est-à-dire la néophobie, déterminent la façon dont les animaux interagissent avec leur environnement. La néophobie aide à gérer les risques et a un impact sur l’adaptabilité et la survie. Il existe des variations chez un même individu, et entre individus d’une même espèce et d’espèces différentes ; cependant, le manque d’études comparatives à grande échelle limite considérablement l’étude des facteurs socio-écologiques de la néophobie. Dans cette étude, nous avons testé les réponses à de nouveaux objets et aliments (en plus d’aliments familiers) par rapport à une base de référence (aliments familiers seuls) chez 10 espèces de corvidés (241 sujets) dans 10 laboratoires à travers le monde. Nous avons constaté des différences entre les espèces pour la latence à toucher de la nourriture familière dans des situations avec objets et nourriture nouveaux par rapport à la situation de référence. Quatre parmi sept facteurs socio-écologiques ont influencé la néophobie des objets : (1) vivre ou non en milieu urbain, (2) vivre en couple territorial ou en groupe familial, (3) appartenir à un groupe de grande ou petite taille maximale et (4) cacher sa nourriture de manière régulière ou spécifique (alors que le périmètre du territoire, la chasse d’animaux vivants et le sexe n’ont pas eu d’influence), alors que seule la taille maximale du groupe a influencé la néophobie alimentaire. Nous avons constaté que, dans l’ensemble, les individus répondaient à la nouveauté de façon reproductible dans le temps et selon le contexte (c’est-à-dire qu’ils étaient cohérents) dans toutes les conditions, ce qui indique que la néophobie est un trait comportemental stable. Avec cette étude, nous avons établi un réseau de chercheurs sur les corvidés, démontrant le potentiel pour de futures collaboration visant à explorer l’évolution de la cognition chez les corvidés et d’autres espèces d’oiseaux. Ces nouveaux résultats nous permettent, pour la première fois chez les corvidés, d’identifier les facteurs socio-écologiques de la néophobie et de comprendre les éléments spécifiques qui entraînent des réponses néophobes plus élevées dans ce groupe d’oiseaux familial.

Résumé en anglais (original) : Behavioral responses to novelty, including fear and subsequent avoidance of novel stimuli, i.e., neophobia, determine how animals interact with their environment. Neophobia aids in navigating risk and impacts on adaptability and survival. There is variation within and between individuals and species; however, lack of large-scale, comparative studies critically limits investigation of the socio-ecological drivers of neophobia. In this study, we tested responses to novel objects and food (alongside familiar food) versus a baseline (familiar food alone) in 10 corvid species (241 subjects) across 10 labs worldwide. There were species differences in the latency to touch familiar food in the novel object and novel food conditions relative to the baseline. Four of seven socio-ecological factors influenced object neophobia: (1) use of urban habitat (versus not), (2) territorial pair versus family group sociality, (3) large versus small maximum flock size, and (4) moderate versus specialized caching (whereas range, hunting live animals, and genus did not), while only maximum flock size influenced food neophobia. We found that, overall, individuals were temporally and contextually repeatable (i.e., consistent) in their novelty responses in all conditions, indicating neophobia is a stable behavioral trait. With this study, we have established a network of corvid researchers, demonstrating potential for further collaboration to explore the evolution of cognition in corvids and other bird species. These novel findings enable us, for the first time in corvids, to identify the socio-ecological correlates of neophobia and grant insight into specific elements that drive higher neophobic responses in this avian family group.

Publication ayant donné lieu à un aricle dans Le Monde le 21 novembre : Les corbeaux confrontés à la peur de la nouveauté

Extrait du site de Current Biology