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Cognition-émotions

Plaisir animal : au bonheur des bêtes

By 16 juillet 2026No Comments

Type de document : podcast de France Culture publié sur Radio France

Auteurs : Agatha Liévin-Bazin et Michel Kreutzer

Extrait : La tradition éthologique occidentale aime à se comparer à Descartes et à sa conception de l’animal-machine sans intériorité. Les behavioristes ont prolongé cette vision en ne s’intéressant qu’aux stimuli et aux réponses, reléguant émotions et désirs au rang d’anthropomorphisme naïf. Pourtant, de Darwin à Jane Goodall, une autre perception a toujours résisté : celle qui reconnaît aux animaux une vie affective réelle, et pas seulement des réflexes.
Le circuit de la récompense comme marqueur neurobiologique du désir
Dans les années 1950, le chercheur James Olds découvre ce qu’on nomme aujourd’hui le circuit de la récompense. Il apporte la preuve que les animaux ne sont pas seulement mus par leurs besoins vitaux. Ils recherchent activement des situations de plaisir et en évitent d’autres. En somme, ils ont des désirs ! Alors comment étudier le plaisir ? Par le son : près de 50 espèces produisent des vocalisations apparentées au rire humain, des grands singes aux dauphins en passant par les corbeaux. Mais aussi par le jeu. Longtemps interprété comme une simple préparation à la vie adulte, il est aujourd’hui reconnu comme une fin en soi : des animaux adultes jouent, inventent, s’ennuient. Les bourdons roulent sur des balles en bois, les corbeaux font de la luge. Le plaisir de l’action prime, bien au-delà de toute utilité adaptative.
Des comportements hédoniques non reproductifs : limites du paradigme adaptatif
Darwin l’avait pressenti avec sa théorie de la sélection sexuelle : la recherche de l’agréable peut l’emporter sur l’utile. La masturbation en est un exemple parfait. Elle est observée chez bon nombre de vertébrés, des primates aux oiseaux en passant par les cétacés. Les femelles macaques éprouvent des orgasmes, les bonobos ont fait du plaisir un lien social dépassant la seule reproduction. Pourtant, ces comportements ont longtemps été ignorés ou jugés aberrants car ils ne rentraient pas dans la grille de lecture utilitariste de la reproduction. Reconnaître le plaisir pour le plaisir reste encore un défi pour une partie de la communauté scientifique.

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Extrait du site de France Culture