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Cognition-émotions

Teaming up for welfare: a cross-institute approach to identify robust indicators of emotion in pigs

By 3 septembre 2026No Comments

Type de document : article scientifique publié dans Animal

Auteurs : I. Reimert, G.A. Franchi, M. Bagaria, L. Canario, J. Elizabeth Bolhuis, S. Düpjan, E. Verbeek, E. Fàbrega, L.J. Pedersen, H. Telkänranta, A. Eggert, L.R. Moscovice

Résumé en français (traduction) : Une collaboration au service du bien-être : une approche interinstitutionnelle visant à identifier des indicateurs fiables des émotions chez les porcs,
animal
L’évaluation des émotions chez les animaux d’élevage est un défi en raison de leur nature subjective et du manque d’indicateurs fiables, en particulier pour les émotions positives. Nous avons mis au point des expériences menées dans quatre établissements, toutes conçues pour induire des réactions émotionnelles positives et négatives chez n = 124 truies domestiques testées dans le cadre d’un protocole intra-sujet. Nos objectifs étaient de mettre à l’essai des indicateurs fiables et non invasifs des réponses émotionnelles à court terme chez des porcs représentant différents âges et races et élevés dans des conditions d’élevage variées. Nous avons élaboré un éthogramme commun pour l’enregistrement comportemental ainsi que des procédures opérationnelles standardisées pour le prélèvement d’échantillons de salive, qui ont été analysés dans le même laboratoire afin de mesurer les variations à court terme du cortisol, en tant qu’indicateur d’excitation, et de l’ocytocine, en tant qu’indicateur présumé de la valence. Nous avons utilisé des modèles linéaires et des modèles linéaires généralisés mixtes (LMM/GLMM) pour tester les effets des différences prédites en termes de valence et d’excitation entre les différentes expériences sur les réponses comportementales et physiologiques. Nous avons également réalisé une analyse en composantes principales (ACP) à plusieurs niveaux afin de déterminer si plusieurs indicateurs pouvaient être regroupés en un ensemble plus restreint de composantes principales représentant différentes dimensions des réponses émotionnelles. Les indicateurs les plus établis ont varié comme prévu d’un établissement à l’autre, avec une augmentation des jeux locomoteurs dans les contextes positifs (GLMM, P ≤ 0,001) et une augmentation des tentatives de fuite dans les contextes négatifs (GLMM, P ≤ 0,001). Les porcs présentaient plus souvent les deux oreilles tournées vers l’avant dans les contextes positifs (GLMM, P ≤ 0,001) et les deux oreilles tournées vers l’arrière dans les contextes négatifs (GLMM, P ≤ 0,001). Les porcs présentaient des augmentations plus importantes du cortisol en réponse à des contextes à valence négative qu’à des contextes à valence positive (LMM, P ≤ 0,001) ; de plus, quelle que soit la valence, les porcs exposés à davantage de contextes sociaux ou physiques nouveaux au cours des expériences présentaient également des augmentations plus importantes du cortisol (LMM, P ≤ 0,001). L’ocytocine ne présentait pas de variations cohérentes selon les contextes de valence différente. Les scores PCA des porcs se regroupaient en fonction des contextes de valence différente qu’ils avaient vécus et non en fonction de leurs différents lieux d’hébergement. Les deux composantes principales présentant les valeurs propres les plus élevées affichaient des chargements modérés pour une combinaison d’indicateurs plus établis et de nouveaux indicateurs liés aux réponses de peur par opposition aux réponses ludiques. En conclusion, cette approche interinstitutionnelle a permis de valider l’utilisation du jeu locomoteur et du comportement de fuite comme indicateurs fiables des réponses de valence à court terme au sein des populations de porcs. Lorsqu’elles sont associées à d’autres mesures, les modifications à court terme de la posture des oreilles constituent également un indicateur de valence prometteur. Les variations du cortisol étaient liées à la fois à la valence et à l’excitation. Les approches interinstitutionnelles sont utiles pour renforcer la validité des indicateurs non invasifs des émotions chez les animaux d’élevage.

Résumé en anglais (original) : Evaluating emotions in livestock is challenging due to their subjective nature and the lack of robust indicators, especially for positive emotions. We developed experiments across four facilities, all designed to induce positive and negative emotional reactions in n = 124 female domestic pigs tested in a within-subject design. Our goals were to test for robust, non-invasive indicators of short-term emotional responses across pigs representing different ages and breeds and kept in different husbandry conditions. We developed a common ethogram for behavioural recording and standard operating procedures for collecting saliva samples, which were analysed in the same lab to measure short-term changes in cortisol, as an indicator of arousal, and oxytocin, as a putative indicator of valence. We used linear and generalised linear mixed models (LMM/GLMM) to test for effects of predicted differences in valence and arousal across different experiments on behavioural and physiological responses. We also ran a multilevel principal component analysis (PCA) to assess whether several indicators could be consolidated into a smaller set of principal components representing different dimensions of emotional responses. More established indicators varied as predicted across facilities, with increases in locomotor play in positive contexts (GLMM, P ≤ 0.001) and increases in escape attempts in negative contexts (GLMM, P ≤ 0.001). Pigs more often had both ears pointed forward in positive contexts (GLMM, P ≤ 0.001) and both ears pointed backwards in negative contexts (GLMM, P ≤ 0.001). Pigs had greater increases in cortisol in response to negatively than to positively valenced contexts (LMM, P ≤ 0.001), and regardless of valence, pigs exposed to more novel social or physical contexts during experiments also had greater increases in cortisol (LMM, P ≤ 0.001). Oxytocin did not vary consistently across differently valenced contexts. Pigs’ PCA scores clustered according to the differently valenced contexts that they experienced and not to their different facilities. The two principal components with the highest eigenvalues had moderate loadings for a combination of more established and novel indicators related to fearful vs playful responses. In conclusion, this cross-institute approach helped to validate the use of locomotor play and escape behaviour as robust indicators of short-term valenced responses across pig populations. When combined with other measures, short-term changes in ear posture also have promise as a valence indicator. Changes in cortisol were related to both valence and arousal. Cross-institute approaches are useful for increasing the validity of non-invasive indicators of emotion in farm animals.

 

 

Revue Animal - couverture juillet 2026
Extrait du site de Animal