Type de document : revue systématique publiée dans Journal of Dairy Research
Auteurs : Masi M, Dolfi E, Vecchio Y, Zambianchi L, Mammi LME.
Résumé en français (traduction) : La perception du bien-être animal dans l’élevage laitier par le grand public : une approche fondée sur une revue systématique de la littérature Le bien-être animal en élevage laitier suscite un vif intérêt auprès du public, sous l’impulsion d’une évolution des valeurs sociétales qui privilégient un traitement éthique et l’expression des comportements naturels.
Cette revue systématique de la littérature vise à cartographier la manière dont le public perçoit le bien-être animal dans l’élevage des vaches laitières. Des publications évaluées par des pairs et traitant de la perception publique du bien-être des vaches laitières ont été extraites de la base de données Scopus (recherche effectuée en mai 2025), ce qui a permis de recenser 107 études qui ont été examinées à l’aide d’analyses bibliométriques et de réseau. Elles ont ensuite été classées, en fonction de la perspective qu’elles abordaient, en trois sphères de parties prenantes : les experts (les personnes directement impliquées dans la chaîne de production), les citoyens et les consommateurs.
Une analyse de contenu spécifique portant sur 73 documents a permis d’étudier plus en détail les groupes de citoyens et de consommateurs à travers trois phases temporelles : (i) la « phase de décalage » (jusqu’en 2012), marquant l’émergence du sujet dans la littérature scientifique ; (ii) la « phase du naturel » (2013-2019), caractérisée par une insistance constante sur le droit des vaches laitières et des veaux à exprimer des comportements naturels ; et (iii) la « phase d’approfondissement » (à partir de 2020), affinant et élargissant les thèmes précédents.
Les perceptions du bien-être animal sont intrinsèquement liées à la possibilité d’adopter des comportements naturels (par exemple, l’accès aux pâturages, le contact prolongé entre la vache et son veau), tandis que les pratiques courantes (par exemple, la séparation précoce, l’utilisation d’hormones, l’abattage des veaux mâles) sont généralement considérées comme une forme d’exploitation. Du côté des consommateurs, on observe une volonté de payer un supplément pour des produits garantissant le bien-être animal, mais un écart subsiste entre les attitudes et les comportements, car les positions éthiques des citoyens ne se traduisent pas toujours pleinement en décisions d’achat en raison de la sensibilité au prix. Il convient notamment de noter que le bien-être animal l’emporte souvent sur la durabilité environnementale dans les priorités des consommateurs, tandis qu’une communication fondée sur des données probantes améliore l’acceptation des innovations (par exemple, les modifications génétiques en faveur du bien-être).
Bien qu’elle repose sur une seule base de données et exclue la littérature grise, cette synthèse souligne néanmoins l’importance de la collaboration entre les parties prenantes, d’un étiquetage transparent et de cadres politiques qui alignent les attentes éthiques sur les réalités de l’élevage, et préconise une éducation ciblée pour combler les lacunes en matière de connaissances et soutenir des systèmes laitiers durables.
Résumé en anglais (original) :
Animal welfare (AW) in dairy farming has garnered significant public attention, driven by evolving societal values that prioritize ethical treatment and the expression of natural behaviours.
This systematic literature review aims to map how the public perceives AW in dairy cow farming. Peer-reviewed publications addressing public perception of dairy cow welfare were retrieved from the Scopus database (searched in May 2025), yielding 107 studies that were examined through bibliometric and network analyses. They were then categorized, according to the perspective they addressed, into three stakeholder spheres: experts (those directly involved in the production chain), citizens and consumers.
A dedicated content analysis of 73 documents further examined the citizen and consumer groups across three temporal phases: (i) the ‘Lag phase’ (up to 2012), marking the topic’s emergence in scientific literature; (ii) the ‘Naturalness phase’ (2013–2019), characterized by consistent emphasis on dairy cows’ and calves’ right to express natural behaviours; and (iii) the ‘Detailed phase’ (from 2020), refining and broadening earlier themes.
AW perceptions are intrinsically linked to the enabling of natural behaviours (e.g. pasture access, prolonged cow–calf contact), whereas routine practices (e.g. early separation, hormone use, male calf culling) are generally viewed as exploitative. From the consumer’s side, a willingness to pay a premium for welfare-assured products emerges, yet an attitude–behaviour gap exists, as citizens’ ethical stances may not fully translate into purchasing decisions due to price sensitivity. Notably, AW frequently supersedes environmental sustainability in consumer priorities, while evidence-based communication improves the acceptance of innovations (e.g. genetic modifications for welfare).
Being based on a single database and excluding grey literature, the review nonetheless emphasizes the importance of stakeholder collaboration, transparent labelling and policy frameworks that align ethical expectations with farming realities and advocates targeted education to bridge knowledge gaps and support sustainable dairy systems.


