Type de document : synthèse scientifique publiée dans animal
Auteurs : C.M. Dwyer, G.H.M. Jørgensen, J.-M. Gautier
Résumé en français (traduction) : Analyse : Comment mesurer le bien-être animal à la ferme ? Indicateurs, variables indirectes et critères de référence
Le bien-être des animaux d’élevage est évalué afin de vérifier le respect de la législation et des programmes d’étiquetage, d’analyser les répercussions des changements de gestion et de mener des recherches sur le bien-être animal. Nous posons ici la question suivante : comment évaluer la manière dont l’animal vit son quotidien à la ferme ?
Le bien-être animal correspond à ce que l’animal ressent et recouvre des états émotionnels allant de très négatifs à très positifs. Le bien-être est influencé par l’alimentation, l’environnement, la santé et les interactions comportementales des animaux, tous ces facteurs s’intégrant à travers leurs répercussions sur l’état mental de l’animal. Bien que nous puissions souvent mesurer et décrire facilement les conditions dans lesquelles l’animal est hébergé à la ferme (facteurs d’entrée) ainsi que son état physique dans ces conditions, ces éléments ne suffisent pas à nous dire ce que l’animal vit réellement.
La référence absolue en matière de bien-être animal serait donc une mesure qui nous renseignerait sur l’état mental de l’animal. Actuellement, celui-ci n’est pas considéré comme une entité directement mesurable, et il pourrait rester un concept hypothétique plutôt que réaliste dans l’évaluation du bien-être. Ainsi, l’évaluation du bien-être repose sur une série de résultats mesurables, ou indicateurs, qui servent de substituts à l’état de bien-être. L’état émotionnel et le bien-être sont alors déduits de ces mesures. Les mesures basées sur l’animal sont considérées comme les plus pertinentes pour comprendre l’expérience animale, bien qu’elles nécessitent une évaluation rigoureuse de la validité et de la fiabilité des mesures.
De nombreuses mesures basées sur l’animal s’appuient sur l’évaluation du comportement. Il peut s’agir de changements continus dans les réactions, tels que l’approche ou l’évitement, les expressions faciales, l’évaluation qualitative du comportement et les rythmes circadiens, ou encore de schémas comportementaux complexes, tels que les préférences, les priorités motivationnelles ou les perceptions, qui permettent de mieux cerner l’état mental probable de l’animal. De nombreuses mesures ne conviennent actuellement qu’à des fins de recherche et peuvent être difficiles à évaluer en exploitation, mais certaines pourraient se prêter à l’utilisation de capteurs ou de méthodes automatisées à l’avenir. Celles-ci posent des défis technologiques et éthiques à surmonter et nécessitent une compréhension de ce qui est mesuré et de la manière dont cela est lié à l’état mental de l’animal, mais elles pourraient offrir à l’avenir des possibilités d’évaluation continue du comportement et du bien-être des animaux.
À l’heure actuelle, cependant, la compréhension théorique du bien-être animal, en particulier du bien-être positif et de la « qualité de vie » cumulative, n’est pas bien prise en compte dans les évaluations existantes du bien-être en exploitation. Nous concluons qu’il est nécessaire d’adopter une approche plus complète et intégrée pour développer des méthodes capables de refléter véritablement l’expérience de l’animal en exploitation.
Résumé en anglais (original) :
Farm animal welfare is assessed for compliance with legislation and labelling schemes, to evaluate the impacts of management change and for animal welfare research. Here, we ask: how can we assess how the animal experiences its life on farm?
Animal welfare is what the animal experiences and spans from very negative to very positive emotional states. Welfare is influenced by nutrition, the environment, health and the behavioural interactions that animals have, integrated through the impacts that these have on the mental state of the animal. Whilst we can often readily measure and describe the conditions under which the animal is housed on farm (inputs), and the physical state of the animal within these conditions, these are not sufficient to tell us what the animal is experiencing.
The Gold Standard for animal welfare, therefore, would be a measure that tells us something about the mental state of the animal. Currently, this is not considered a directly measurable entity, and it may remain a hypothetical rather than a realistic construct in welfare assessment. Thus, welfare assessment relies on a series of measurable outputs, or indicators, that serve as proxies for the welfare state. Emotional state and welfare are then inferred from these measures. Animal-based measures are considered the most relevant to understanding animal experience, although these require rigorous assessment of the validity and reliability of measurement.
Many animal-based measures rely on the assessment of behaviour. These may be ongoing changes in response, such as approach or avoidance, facial expression, Qualitative Behaviour Assessment and circadian rhythms or complex patterns of behaviour, such as preferences, motivational priorities, or perceptions, which allow deeper insight into the likely mental state of the animal. Many measures are only suitable for research purposes at present and can be challenging to assess on farm, but some may be amenable to the use of sensors or automated methods in the future. These have technological and ethical challenges to overcome and require an understanding of what is being measured and how this relates to the animal’s mental state but may offer opportunities for continual assessment of animal behaviour and welfare in the future.
Currently, however, theoretical understanding of animal welfare, particularly positive welfare and cumulative ‘Quality of Life’, is not well-captured in existing on−farm welfare assessment. We conclude that there is a need for a more comprehensive and integrated approach to the development of methods that can truly address the animal’s experience on farm.



