Type de document : synthèse scientifique publiée dans Animal Welfare
Auteurs : Kliphuis S, Tiemann I, Wever KE, Fijn L, Goerlich VC.
Résumé en français (traduction) : Les effets de la coupe du bec sur le comportement, la morphologie et la physiologie de la volaille : une revue systématique
Malgré les préoccupations d’ordre scientifique et éthique, la coupe du bec (traitement ou limage du bec) reste une pratique courante dans le secteur avicole. Son efficacité supposée pour réduire les blessures et la mortalité liées au picorage est la principale raison de son utilisation courante. L’objectif de cette revue systématique était d’identifier les effets de la coupe du bec sur le bien-être de plusieurs espèces de volailles élevées à des fins commerciales (poulets [Gallus domesticus], dindes [Meleagris gallopavo domesticus], canards [Cairina moschata ; Anas platyrhynchos], les cailles [Coturnix coturnix], les pintades [Numida meleagris] et les faisans [Phasanius cholchicus]). Conformément à des critères stricts d’inclusion et d’exclusion définis a priori, 1 242 publications ont été examinées pour déterminer leur éligibilité, ce qui a abouti à l’inclusion de 175 études pour l’extraction des données. Le risque de biais a été évalué sur la base des informations fournies concernant les indicateurs-clés de qualité. En raison de la forte hétérogénéité des 175 études, un sous-ensemble de 120 études a été analysé en fonction des résultats liés au bien-être dans les domaines du comportement, de la morphologie, de la physiologie et de la mortalité, et présenté sous forme de graphiques de direction d’effet, montrant les effets bénéfiques, néfastes ou absents de la taille du bec. Vingt-quatre études ont porté sur les anomalies du bec ; 71 % d’entre elles ont signalé des anomalies morphologiques et 25 % des altérations des capacités sensorielles. Sur 49 études, la mortalité a diminué chez les oiseaux dont le bec avait été rogné dans 51 % des cas et a augmenté dans 8 %, tandis que 41 % n’ont signalé aucun impact mesurable. Les indicateurs physiologiques de stress n’ont pas montré de tendances claires, mais l’intervention a entraîné des altérations comportementales, telles qu’une diminution du picorage environnemental. Les effets sur le lissage des plumes et le picorage nuisible restent ambigus. Ces résultats corroborent le caractère incohérent des bénéfices potentiels de la coupe du bec et soulignent la nécessité d’étudier les causes sous-jacentes du picorage sévère des plumes et d’affiner les techniques, et ce pas uniquement chez les poulets.
Résumé en anglais (original) : Despite scientific and ethical concerns, beak trimming (beak treatment, or beak tipping) remains a routine procedure in the poultry sector. The perceived efficacy to reduce pecking-related injuries and mortality is the main reason for the common application of beak trimming. The aim of this systematic review was to identify the effects of beak trimming on the welfare of several commercially kept poultry species (chickens [Gallus domesticus], turkeys [Meleagris gallopavo domesticus], ducks [Cairina moschata; Anas platyrhynchos], quail [Coturnix coturnix], Guinea fowl [Numida meleagris] and pheasants [Phasanius cholchicus]). Following strict a priori in- and exclusion criteria, a total of 1,242 records were screened for eligibility, resulting in 175 studies included for data extraction. Risk of Bias was assessed based on the reporting of key quality indicators. Due to high heterogeneity of the 175 studies, a subset of 120 studies was analysed based on welfare-related outcomes in the domains of behaviour, morphology, physiology, and mortality and presented in effect-direction plots, showing beneficial, harmful or absent effects of beak trimming. Twenty-four studies investigated beak abnormalities, with 71% of those reporting morphological abnormalities and 25% altered sensory abilities. Of 49 studies, mortality decreased in trimmed birds in 51% and increased in 8%, while 41% reported no measurable impact. Physiological indicators of stress did not show clear patterns, but the procedure caused alterations in behaviour, such as a decrease in environmental pecking. The effects on preening and injurious pecking remain ambiguous. These results corroborate the inconsistent potential benefits of beak trimming and highlight the need for investigating underlying causes of severe feather pecking and refinement of techniques, not only in chickens.


