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Gene editing produces all-male or all-female litters of mice

Par 3 décembre 2021 décembre 15th, 2021 Pas de commentaire

Type de document : Actualité publié dans Science

Auteur : Elisabeth Pennisi

Extrait en français (traduction) : L’édition de gènes permet de produire des portées de souris entièrement mâles ou entièrement femelles
Dans le monde idéal de certains agriculteurs, les vaches ne donneraient naissance qu’à des femelles, les truies ne porteraient aucun verrat et les poussins deviendraient tous des poules. Un tel sex-ratio les empêcherait de tuer des millions d’animaux mâles, qui ne produisent ni œufs ni lait.
Aujourd’hui, les scientifiques se rapprochent un peu plus de cette réalité. Les chercheurs ont exploité l’éditeur de gènes CRISPR pour produire des portées de souris d’un seul sexe. C’est une aubaine potentielle pour l’agriculture et cela pourrait offrir un avantage plus immédiat à la recherche scientifique. “L’article montre une solution de pointe pour produire des espèces unisexes”, avec des “résultats impressionnants”, déclare Ehud Qimron, expert en CRISPR à l’université de Tel Aviv, qui n’a pas participé aux travaux.[…]Dans une étude publiée il y a deux ans, des chercheurs utilisant l’éditeur de gènes CRISPR ont réussi à produire des souris modifiées dans lesquelles quatre des cinq portées étaient toutes des femelles.
Dans les travaux actuels, cette efficacité passe à 100 %, une différence essentielle car aucune progéniture du “mauvais” sexe n’est produite. Les auteurs ont également ciblé un gène qui est conservé chez de nombreux animaux, de sorte que la technique pourrait s’avérer utile pour d’autres espèces que les souris. “L’approche semble pouvoir être généralisée à d’autres espèces animales”, notamment les oiseaux et les poissons, déclare Michael Wiles, généticien moléculaire au Jackson Laboratory, qui n’a pas participé à l’étude. Elle pourrait même contribuer à la reconstitution d’espèces menacées d’extinction, selon Michael Wiles, en fonction du sexe qui fait défaut. […]Dans la nouvelle étude, Charlotte Douglas, généticienne moléculaire de Turner et Crick, a travaillé avec Peter Ellis de l’université du Kent pour exploiter l’éditeur de gènes CRISPR afin de produire des portées de souris entièrement femelles ou entièrement mâles. […]Cela pourrait atténuer certains dilemmes éthiques, selon certains chercheurs. “Le choix est fait avant la naissance de l’animal”, déclare Tak Mak, généticien au Princess Margaret Cancer Centre de Toronto. Pour ses études sur le cancer du sein, il n’utilise que des souris femelles et a donc dû sacrifier tous les mâles qui sont nés. Cette nouvelle technologie “éliminera cette réalité désagréable et inefficace”, dit-il.
Bien que M. Wiles s’attende à ce que la production de portées de même sexe devienne une routine dans les laboratoires, il n’est pas optimiste pour l’agriculture. “Malheureusement, c’est ‘mort dans l’oeuf’ pour la production alimentaire alors que le monde craint les OGM [organismes génétiquement modifiés]”.
Sue Leary, présidente de la fondation Alternative Research and Development, une organisation à but non lucratif qui cherche des alternatives aux animaux dans la recherche, dit qu’elle ne voit pas beaucoup d’avantages dans cette approche. “Vous ne pouvez pas résoudre un problème éthique avec un autre problème éthique, qui est le génie génétique”, dit-elle. La méthode n’est “pas pragmatique” pour l’abattage des animaux de ferme, fait-elle valoir, et les chercheurs peuvent adopter des solutions de rechange à l’utilisation des souris.

Extrait en anglais (original) : In some farmers’ ideal world, cows would birth only females, sows would bear no boars, and chicks would all grow up to be hens. Such sex ratios would stop them from killing millions of male animals, which don’t produce eggs or milk.
Now, scientists are a step closer to this reality. Researchers have harnessed the gene editor CRISPR to produce litters of mice all of one sex. That’s a potential boon to agriculture and may offer a more immediate advantage in scientific research. “The paper shows a state-of-the-art solution to producing single-sex species,” with “impressive results,” says Ehud Qimron, a CRISPR expert at Tel Aviv University who was not involved with the work.[…]In a study published 2 years ago, researchers using the gene editor CRISPR managed to produce altered mice in which four of five litters were all female.
In the current work, that efficiency jumps to 100%, a critical difference as no “wrong” sex offspring are produced. The authors also target a gene that is conserved in many animals, so the technique may prove useful for more than just mice. “The approach seems generalizable to other animal species,” including birds and fish, says Michael Wiles, a molecular geneticist at the Jackson Laboratory who was not involved with the study. It could even help with the recovery of endangered species, Wiles says, depending on which sex was in short supply. […]In the new study, Turner and Crick molecular geneticist Charlotte Douglas worked with Peter Ellis from the University of Kent to harness the gene editor CRISPR to produce either all-female or all-male litters of mice. […]That could alleviate some ethical dilemmas, some researchers say. “The choice is made before the animal is born,” says Tak Mak, a geneticist at the Princess Margaret Cancer Centre in Toronto. For his breast cancer studies, he uses only female mice and so has had to sacrifice all males that are born. This new technology “will eliminate this unpleasant and inefficient reality,” he says.
Although Wiles expects same-sex litter production may become routine in labs, he’s not optimistic about agriculture. “Sadly, its ‘dead in the water’ for food production while the world fears GMOs [genetically modified organisms].”
Sue Leary, president of the Alternative Research and Development foundation, a nonprofit organization seeking alternatives to animals in research, says she doesn’t see much advantage in the approach. “You can’t solve an ethical problem with another ethical problem, which is genetic engineering,” she says. The method is “not pragmatic,” for culling farm animals, she argues, and researchers can adopt alternatives to using mice.

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Extrait du site de Science