Conduite d'élevage et relations homme-animalEvaluation du BEA et Etiquetage

Performances des exploitations laitières bovines sous indications géographiques

Par 22 février 2022 mars 8th, 2022 Pas de commentaire

Type de document : Note d’analyse n°173 du Centre d’études et de prospectives du Ministère de l’agriculture et de l’alimentation

Auteurs : Salomé Sengel, Estelle Midler, Jean-Noël Depeyrot


Les indications géographiques (IG) visent à garantir une meilleure rémunération aux agriculteurs engagés dans les cahiers des charges correspondants, par le biais d’une différenciation découlant d’une meilleure information du consommateur. Depuis quelques années, il est envisagé de les mobiliser au service de la transition agro-écologique. Cependant, leurs performances restent peu étudiées. Cette note analyse les performances des exploitations laitières bovines sous IG, dans trois domaines : économique, environnemental et en matière de bien-être animal. […]


L’absence de différences de performance sur le bien-être animal
Pour l’ensemble des IG [indications géographiques], les scores globaux de BEA révèlent une performance globale en bien-être animal équivalente, que les exploitations soient certifiées ou non, même une fois pris en compte les effets de structure et de localisation. Une analyse indicateur par indicateur permet d’étudier les différences de pratiques entre exploitations certifiées ou non. Elle montre que les exploitations certifiées pratiquent autant l’écornage que les exploitations non certifiées, mais ont plus systématiquement recours à des analgésiques pour atténuer la douleur. Elles utilisent également plus souvent des traitements vétérinaires alternatifs (aromathérapie, homéopathie, physiothérapie, etc.). L’évacuation des effluents d’élevage des bâtiments est, quant à elle, plus couramment pratiquée (de façon au moins hebdomadaire) dans les exploitations sous IG. Enfin, les exploitations sous IG ont une surface de pâturage par vache laitière 16 % plus étendue que les exploitations jumelles hors IG, mais la durée de pâturage n’y est pas significativement plus importante. En revanche, les vaches laitières des exploitations sous IG sont plus souvent en stabulation entravée et elles bénéficient moins souvent d’une aire d’exercice. […]


Les exploitations sous IG favorisent donc davantage le pâturage des vaches, mais elles sont légèrement moins performantes sur les conditions de stabulation, obtenant au total des scores de BEA au même niveau que les exploitations non certifiées. Des évolutions en cours des cahiers des charges pourraient impacter positivement le bien-être animal. Par exemple, l’AOP Comté imposera prochainement un minimum de sorties des vaches tout au long de l’année en cas de stabulation entravée.

 

 

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Extrait du site du Ministère de l’agriculture et de l’alimentation