Skip to main content
Logement et EnrichissementPrise en charge de la douleur

The pain echo chamber: how barren environments amplify pain in captive animals

Type de document : article scientifique publié dans Frontiers in Animal Science

Auteurs : Schuck-Paim C, Alonso WJ, Hartcher K, Chiang C, Pereira PA, Veit W, Mendl M, Nicol CJ and Lecorps B

Résumé en français (traduction) : La « chambre d’écho de la douleur » : comment les environnements pauvres amplifient la douleur chez les animaux en captivité
La douleur ne résulte pas uniquement de lésions tissulaires, mais peut être fortement influencée par le contexte environnemental. Son intensité perçue, sa durée et sa probabilité — les caractéristiques fondamentales de l’expérience affective — sont modulées par divers facteurs, notamment les possibilités d’activité comportementale, le contrôle des conditions environnementales, l’environnement social, l’activité physique, la qualité du sommeil, le stress maternel et la douleur subie au début de la vie. Tous ces facteurs influencent les réponses à la douleur chez les animaux en captivité, mais la plupart des évaluations du bien-être et des protocoles d’atténuation traitent la douleur comme si elle était indépendante du contexte. Nous passons ici en revue de nombreuses données indiquant que les conditions environnementales et d’élevage modulent le traitement de la douleur et la guérison chez les animaux en captivité. Nous montrons que les environnements pauvres et confinés désactivent plusieurs mécanismes analgésiques endogènes, tout en activant simultanément plusieurs voies neurobiologiques qui intensifient la signalisation nociceptive et retardent la guérison. L’amplification de la perception de la douleur et l’altération de la guérison sont particulièrement probables lorsque la captivité est associée à des environnements intensifs et pauvres. Les implications de ces résultats sont considérables. Premièrement, elles soulignent la nécessité pour les modèles d’évaluation du bien-être animal, et la recherche sur le bien-être animal en général, de prendre explicitement en compte la modulation environnementale de la douleur. De même, les cadres de certification et de réglementation doivent reconnaître que des affections ou des procédures apparemment identiques peuvent produire des expériences de bien-être fondamentalement différentes selon l’environnement dans lequel elles se produisent. De plus, les protocoles de dosage des analgésiques et les modèles de douleur en laboratoire doivent être réévalués quant à leur validité translationnelle. Plus largement, ces résultats remettent en question l’acceptabilité des systèmes d’hébergement austères omniprésents dans les fermes, les laboratoires et d’autres contextes. Compte tenu des preuves substantielles indiquant que les environnements pauvres amplifient et prolongent les états douloureux résultant de procédures de routine courantes et d’affections, la transition vers des systèmes d’hébergement offrant un meilleur bien-être devient un impératif éthique et scientifique.

Résumé en anglais (original) : Pain is not solely a function of tissue damage but can be strongly shaped by environmental context. Its perceived intensity, duration, and likelihood—the core features of affective experience—are modulated by factors including opportunities for behavioral engagement, control over environmental conditions, social environment, physical activity, sleep quality, maternal stress and pain early in life. All of these factors affect pain responses of captive animals, yet most welfare assessments and mitigation protocols treat pain as if it were context-invariant. Here, we review multiple lines of evidence indicating that environmental and rearing conditions modulate pain processing and healing in captive animals. We show that barren, confined environments disable multiple endogenous analgesic mechanisms, while simultaneously activating several neurobiological pathways that intensify nociceptive signaling and delay healing. Pain perception amplification and impaired healing are particularly likely when captivity is associated with intensive and barren environments. The implications of these findings are substantial. First, they highlight the need for animal welfare assessment models, and animal welfare research in general, to take environmental modulation of pain explicitly into account. Likewise, certification and regulatory frameworks must acknowledge that seemingly identical ailments or procedures can produce fundamentally different welfare experiences depending on the environment where they take place. Additionally, analgesic dosing protocols and laboratory-based pain models must be reevaluated for translational validity. More broadly, these findings challenge the acceptability of barren housing systems ubiquitous in farms, laboratories, and other settings. Given the substantial evidence that barren environments amplify and prolong painful states from common routine procedures and ailments, the transition to higher welfare housing systems becomes an ethical and scientific imperative.

 

Extrait du site de Frontiers in Animal Science