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Ethique-sociologie-philosophie-droit

A critical review on gender differences in attitudes, perceptions, and behaviours about farmed animals

By 16 juillet 2026No Comments

Type de document : revue narrative publiée dans Applied Animal Behaviour Science

Auteurs : Elisa Cesário Pereira Stadnick, Maria José Hötzel

Résumé en français (traduction) : Une analyse critique des différences entre les sexes en matière d’attitudes, de perceptions et de comportements vis-à-vis des animaux d’élevage
Les débats sur l’éthique animale ont pris une importance croissante au cours des dernières décennies, le genre s’imposant comme un facteur déterminant dans la formation des opinions sur le bien-être animal. Nous avons mené une revue narrative visant à examiner les différences entre les sexes en matière de croyances concernant la sensibilité animale, d’attitudes vis-à-vis de l’utilisation des animaux, d’empathie envers les animaux d’élevage et de comportements de consommation. Nous avons exploré ces différences entre les sexes en nous appuyant sur les connaissances et les discussions issues d’études identifiant cet effet, et nous les avons replacées dans leur contexte à travers des perspectives sociologiques, anthropologiques et historiques sur les rôles sociaux genrés, la division genrée du travail et les structures patriarcales. Les recherches montrent que les femmes font systématiquement preuve d’une plus grande préoccupation pour le bien-être animal, attribuent de plus grandes capacités cognitives et émotionnelles aux animaux, et sont plus enclines que les hommes à s’opposer à l’élevage en captivité et aux procédures douloureuses. De plus, elles sont plus enclines à s’engager dans les mouvements de défense des droits des animaux, à soutenir des réglementations plus strictes en matière de bien-être animal et à se montrer plus disposées à payer pour des produits respectueux des animaux. À l’inverse, la masculinité est souvent associée à une plus grande acceptation de la consommation de viande, de la chasse et d’autres pratiques impliquant des souffrances pour les animaux. Ces tendances ont été observées dans de nombreux pays et au sein de groupes divers, notamment le grand public, les étudiants, les vétérinaires, les agriculteurs et les consommateurs. Les différences entre les sexes sont également manifestes dans le secteur agricole, où la modernisation a renforcé une culture masculine, écartant les femmes des rôles à forte valeur ajoutée tels que l’élevage laitier, tout en les reléguant à des tâches de soins avec un pouvoir décisionnel réduit. Cette fracture entre les sexes peut nuire au bien-être animal, car les femmes font souvent état d’une plus grande empathie envers les animaux. Bien que les femmes soient de plus en plus nombreuses à embrasser la profession vétérinaire, les hommes dominent toujours les soins aux grands animaux, ce qui renforce les rôles genrés. Les contributions des femmes à la recherche et à l’enseignement sur le comportement et le bien-être des animaux sont significatives, mais elles restent sous-représentées aux postes de direction à l’échelle mondiale. Les recherches futures devraient aborder l’intersectionnalité du genre avec d’autres facteurs sociaux et étendre les études au-delà des contextes occidentaux. Nous concluons que le thème de l’éthique animale est profondément imprégné de questions de genre. Nous proposons de réfléchir à deux questions clés : que peuvent nous apprendre les perspectives humaines sur les animaux non humains au sujet des questions de genre, et comment les politiques de genre peuvent-elles influencer la vie des animaux d’élevage ? En fin de compte, nous soutenons que l’élaboration de stratégies communes visant à offrir une vie plus digne aux femmes et aux animaux non humains peut nous guider vers un avenir plus démocratique. Mettre l’accent sur une perspective féminine vis-à-vis des animaux peut s’avérer précieux pour placer la bienveillance et l’empathie au cœur de ce débat. L’approche patriarcale et historiquement hégémonique adoptée à l’égard des animaux a, par le passé, failli à ces êtres. L’adoption d’une approche éthique plus empathique doit figurer à l’ordre du jour.

Résumé en anglais (original) : Debates about animal ethics have gained increasing prominence in recent decades, with gender emerging as a significant factor shaping views on animal welfare. We conducted a narrative review examining gender differences in beliefs about animal sentience, attitudes toward animal use, empathy for farmed animals, and consumer behaviours. We explored these gender differences, drawing on existing insights and discussions from studies identifying this effect, and contextualized them through sociological, anthropological, and historical perspectives on gendered social roles, the gendered division of labour, and patriarchal structures. Research shows that women consistently demonstrate a greater concern for animal welfare, attribute greater cognitive and emotional capacities to animals, and are more likely to oppose animal confinement and painful procedures than men. Additionally, they are more likely to engage in animal rights movements, support stricter welfare regulations, and express a higher willingness to pay for animal-friendly products. In contrast, masculinity is often associated with greater acceptance of meat consumption, hunting, and other practices that involve harm to animals. These patterns have been identified in many countries and across diverse groups, including the general public, students, veterinarians, farmers, and consumers. Gender differences are also evident in agriculture, where modernization has reinforced a masculine culture, sidelining women from high-value roles like dairy farming, while relegating them to caregiving tasks with reduced decision-making power. This gender divide may harm animal welfare, as women often report greater empathy for animals. Although women are increasingly entering the veterinary profession, men still dominate large animal care, reinforcing gendered roles. Women’s contributions to animal behaviour and welfare research and teaching are significant, yet they remain underrepresented in leadership positions globally. Future research should address the intersectionality of gender with other social factors and expand studies beyond Western contexts. We conclude that the topic of animal ethics is deeply permeated by gender. We propose reflecting on two key questions: what can the human perspectives on non-human animals tell us about gender issues, and how can gender policies influence the lives of farmed animals? Ultimately, we argue that developing joint strategies for a more dignified life for women and non-human animals can guide us toward a more democratic future. Emphasizing a feminine perspective on animals can be valuable in bringing care and empathy to the centre of this debate. The historically hegemonic, patriarchal approach to dealing with animals has historically failed these beings. Adopting a more empathetic ethical approach must be on the agenda.

Couverture d'Applied Animal Behaviour Science
Extrait du site de Applied Animal Behaviour Science