Type de document : article scientifique publié dans Frontiers in Animal Science
Auteurs : Niclas Högberg, Lena Skånberg, Oleksiy Guzhva, Rebecka Westin, Axel Sannö, Anna Wallenbeck, Maria Vilain Rørvang
Résumé en français (traduction) : Les porcs aiment-ils être brossés ? Étude observationnelle du comportement des porcs face au brossage dans un environnement de production commerciale
Dans les environnements semi-naturels, on a observé que les porcs se frottaient ou se grattaient contre les arbres et les buissons, et dans les élevages commerciaux, ils se frottent souvent contre les structures des enclos et peuvent laisser les éleveurs les gratter. Si le grattage des porcs par l’homme a fait l’objet d’études, on sait peu de choses sur leur comportement d’auto-grattage. Les recherches sur l’utilisation de brosses chez les bovins suggèrent des avantages potentiels en matière de bien-être, tandis que, à notre connaissance, il n’existe aucune recherche sur le comportement de brossage chez les porcs. Afin de combler cette lacune, cette étude a cherché à déterminer si les truies gestantes utilisaient une brosse mécanique lorsqu’elles étaient hébergées dans un environnement social, comment le brossage variait en termes de durée, de fréquence, de région du corps et d’heure de la journée, et si les individus différaient dans leur utilisation de la brosse. L’étude a été menée sur 29 truies Yorkshire gestantes élevées en liberté, ayant accès à une litière profonde de paille, à une mangeoire contrôlée par transpondeur et à une brosse mécanique (Comfort Pig, Comfy-Solutions B.V., Roelofarendsveen, Pays-Bas). Les observations comprenaient 192 heures d’enregistrements vidéo continus couvrant la zone de brossage. Un éthogramme adapté à partir d’études sur les bovins et affiné pour les porcs a été utilisé pour enregistrer le brossage, le reniflement, la manipulation orale et les déplacements. Le brossage a été classé par zone du corps, initiation, intensité et durée. Les données ont été résumées de manière descriptive et les différences entre les groupes, les moments et les individus ont été évaluées à l’aide de méthodes non paramétriques. Toutes les truies se sont livrées au brossage au moins une fois au cours de l’étude, avec une moyenne de 1,5 (intervalle interquartile, IQR = 1-2) séance par jour. La durée médiane d’une séance était de 12 secondes (IQR = 8-17), le brossage actif représentant près de la moitié du temps total. Le brossage était principalement dirigé vers la région médiane du corps (29,8 %) et commençait souvent au niveau de la tête (46,2 %). Aucun schéma diurne cohérent n’a été observé. Le reniflement a précédé le brossage dans 85 des 297 séances de brossage observées, tandis que la manipulation orale n’a été observée que cinq fois. Les séances incomplètes et les déplacements occasionnels (3 % des séances) suggèrent que des facteurs internes et sociaux peuvent influencer l’accès. Dans l’ensemble, cette étude fournit une première description systématique du comportement de brossage chez les porcs et suggère que les brosses mécaniques peuvent constituer une ressource enrichissante pour les porcs en production. Des recherches supplémentaires, notamment des comparaisons entre différents types de brosses, étapes de production, ratios porcs/brosses et systèmes d’hébergement, sont nécessaires pour évaluer leur potentiel en tant qu’outils améliorant le bien-être dans la production porcine commerciale.
Résumé en anglais (original) : In semi-natural environments, pigs have been observed rubbing or scratching against trees and bushes, and in commercial settings, they often rub against pen structures and may allow handlers to scratch them. Whilst human-applied scratching of pigs has been studied, little is known about their self-scratching behaviour. Research on brush use in cattle suggests potential welfare benefits, while research on brushing behaviour in pigs is, to the best of our knowledge, absent. To address this gap, this study investigated whether gestating sows use a mechanical brush when housed in a social setting; how brushing varied in duration, frequency, body region, and time of day; and whether individuals differed in brush use. The study was conducted on 29 loose-housed gestating Yorkshire sows with access to deep straw bedding, a transponder-controlled feeder, and a mechanical brush (Comfort Pig, Comfy-Solutions B.V., Roelofarendsveen, the Netherlands). Observations included 192 h of continuous video recordings covering the brush area. An ethogram adapted from cattle studies and refined for pigs was applied to record brushing, sniffing, oral manipulation, and displacements. Brushing was further categorised by body region, initiation, intensity, and duration. Data were summarised descriptively, and differences between groups, times, and individuals were assessed using nonparametric methods. All sows engaged in brushing at least once, during the study, averaging 1.5 (interquartile range, IQR = 1–2) bouts per day. The median bout duration was 12 s (IQR = 8–17), with active brushing comprising nearly half of the total time. Brushing was mainly directed to the middle body region (29.8%) and often initiated at the head (46.2%). No consistent diurnal pattern was evident. Sniffing preceded brushing in 85 of the 297 observed brushing bouts, whilst oral manipulation was only observed five times. Incomplete bouts and occasional displacements (3% of bouts) suggest that internal and social factors may influence access. Taken together, this study provides an initial systematic description of the brushing behaviour in pigs and suggests that mechanical brushes may serve as an enriching resource for pigs in production. Further research, including comparisons across different brush types, production stages, pig-to-brush ratios, and housing systems, is needed to evaluate their potential as welfare-enhancing tools in commercial pig production.


