Santé animale

Grippe aviaire : comment ne pas y laisser des plumes ?

Par 10 novembre 2020 novembre 23rd, 2020 Pas de commentaire

Type de document : revue de presse de la Mission Agrobiosciences INRAE

Extrait : Entre les élections américaines, la messe quotidienne sur la situation sanitaire et les espoirs d’avoir peut-être trouvé un vaccin efficace contre la Covid-19, une autre actu passe, elle, plus inaperçue : celle de la menace bien réelle d’un retour de l’influenza aviaire (H5N8) dans les élevages avicoles français, dont le souvenir traumatique de l’hécatombe des années 2005, 2016 et 2017 reste vif dans la mémoire des éleveurs et du reste de la population. Face à ce péril venu de l’est, avec des premiers foyers repérés en Russie et au Kazakhstan (France 3 Auvergne Rhône-Alpes), au tour des volailles, canards, oies et autres volatiles d’être confinés, avec gestes barrières de rigueur. De Ouest France, jusqu’au Parisien, avec un crochet par le Monde ou le Figaro, passage en revue de la presse. […]

Figaro, France 3 ou encore le Monde, tous relaient cet autre arrêté du ministère de l’Agriculture, daté du 04 novembre 2020 : « Depuis [le 25/10 /2020], une dynamique d’infection s’est emballée puisque 13 cas en faune sauvage et un foyer en élevage de poulets de chair aux Pays-Bas et 13 cas chez des oiseaux sauvages en Allemagne ont été déclarés. Le 3 novembre, le Royaume-Uni déclare également un premier foyer, dans le nord-ouest de l’Angleterre ». L’étau se resserre et, face à cette menace désormais bien réelle, le ministère décide dans la foulée de renforcer son dispositif de lutte préventive contre l’introduction du virus sur le sol français. Avec, à compter du 6 novembre, la mise sous cloche des élevages avicoles de 46 départements, de la Moselle, jusqu’aux Landes, en passant le Rhône, l’Ain, l’Ardèche ou la Savoie, renseignent une foule de médias régionaux.

En plus des mesures traditionnelles de biosécurité – un protocole sanitaire à respecter tout au long de l’année, justement pour éviter l’avènement d’épizooties – le passage de ces territoires à un niveau de risque « élevé » soumet donc les professionnels de la filière avicole à un ensemble de mesures plus strictes. Dans le détail : claustration ou protection des élevages de volailles par un filet avec réduction des parcours extérieurs pour les animaux, interdiction des rassemblements d’oiseaux (concours, foires ou expositions) ou encore, interdiction des transports et lâchers du gibier à plumes [1]. L’objectif ? Étouffer dans l’œuf la propagation du virus dans ces espaces susceptibles d’être survolés par des oiseaux migrateurs qui pourraient en être porteurs. Et il y a urgence car, comme le prévient l’Office national de biodiversité auprès de la Plateforme ESA (Épidémiologie Santé Animale), « le territoire français est concerné par ces migrations qui battent leur plein actuellement ; le pic d’arrivées migratoires en France [ayant] souvent lieu en novembre ».

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Extrait du site de la mission Agrobiosciences