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Martine Leguille-Balloy : « le cheval ne doit pas devenir un animal de compagnie »

Par 24 février 2021 mars 16th, 2021 Pas de commentaire

Type de document : Article publié dans Le Cheval

Extrait : Tour d’horizon avec la présidente du groupe d’études cheval à l’Assemblée nationale, Mme Martine Leguille Balloy, députée LREM de la 4e circonscription de Vendée. Avocate de formation, cavalière et propriétaire de chevaux, elle est particulièrement sensible aux besoins de la filière et de ses préoccupations du moment. La maltraitance, la TVA, les animalistes en font partie.

Maltraitance animale

« Cela fait 3 ans qu’on travaille sur trois sujets (lire ci-dessous). Il nous fallait un véhicule législatif, on l’a trouvé. Ces trois sujets n’ont fait l’objet d’aucune discussion. En fait on va inverser la vapeur en initiant les gens aux besoins des chevaux et à ce qui est impératif, à savoir le bien-être des chevaux à long terme. On va être très honnête, notre visée c’est surtout la vieillesse des chevaux. A l’heure actuelle c’est ça qui nous inquiète le plus. En termes de maltraitance, on n’a pas de retours qui nous feraient penser que la situation est très alarmante. Il y a bien tous les problèmes de barbarie l’année dernière mais ce n’est pas la même chose. On va leur rappeler que les chevaux ont des besoins et que l’abandon en fin de vie n’est pas tolérable.

Reste le problème de la TVA. Le taux de 10% pour les poulains est acquis. Maintenant il faut définir jusqu’à quel âge le cheval est considéré comme poulain. Il est bien évident qu’il y a des différences entre les chevaux de sport qui commencent généralement leur carrière à 4 ans et les chevaux de courses dont certains commencent à courir à 2 ans ».

PMU

« Dans le cadre du projet de loi de finances pour 2020, sous l’impulsion d’Anne-Catherine Loisier, le Sénat a adopté un amendement visant à modifier l’assiette de la taxation au PMU, c’est-à-dire non plus sur les mises, mais sur le Produit Brut des Jeux. La balle est désormais dans le camp de l’Assemblée nationale qui avait retoqué ceci, il y a deux ans. Seulement, le contexte a beaucoup évolué depuis puisqu’entre-temps, la Française des Jeux privatisée a bénéficié de ce cadeau fiscal. Inquiets et soucieux de l’équilibre entre les filières, les Sénateurs souhaitent que le débat ait lieu dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale et demander des explications aux législateurs sur le fait que le PMU n’a pour l’instant pas le même avantage pour ses paris hippiques que la FDJ pour ses paris sportifs. Nous sommes curieux, également, d’entendre les explications du gouvernement ».  […]

La radicalisation des animalistes vous inquiète-t-elle ?

« Je travaille sur le bien-être animal depuis des années, j’ai même fait ma thèse de doctorat là-dessus. A l’époque ça n’était pas une cause sociale générale, on en débattait entre initiés. J’avais dit, parce que mon travail ne concernait que les animaux de rente, dont les chevaux font partie, ça va bouleverser le paysage économique à moyen terme. C’est sans aucune satisfaction que je peux constater que c’est le cas. On est passé de l’anthropomorphisme à l’abolitionnisme. Changer le statut des chevaux serait une erreur pour la bonne et simple raison que l’équitation de tradition française est inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Humanité auprès de l’UNESCO depuis 2011. Ça n’aurait aucun sens. Le cheval, animal de compagnie, ne pourrait plus être monté. C’est toute une tradition qu’il faudrait oublier. Après je vous le dis, nous on constate quand même que la maltraitance par les propriétaires de leurs chevaux, ce n’est quand même pas la grande majorité, loin de là. Les gens font attention à leurs chevaux, leur cheval c’est un bien précieux. Il y a parfois des erreurs mais rarement de la maltraitance pour la majorité des gens de chevaux ».

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Extrait du site de Le Cheval