Type de document : article scientifique publié dans Veterinary and Animal Science
Auteurs : Evija Skujina, Irina Pilvere
Résumé en français (traduction) : Dynamique des exportations de bovins vivants et hétérogénéité structurelle entre les États membres de l’Union européenne, 2014-2024 : une analyse par regroupement
Le secteur bovin de l’Union européenne (UE) est confronté à d’importantes réformes structurelles liées à la mise en œuvre de la stratégie « De la ferme à la table » du Pacte vert pour l’Europe et de la Politique agricole commune (PAC) 2023-2027. Cette étude examine l’évolution des exportations de bovins vivants et la dynamique des cheptels bovins dans les 23 États membres de l’UE sur la période 2014-2024. Plusieurs États membres de l’UE ont connu des fluctuations annuelles notables des exportations de bovins vivants par rapport à leurs cheptels bovins. Les tendances de croissance à long terme des exportations et du cheptel de bovins vivants ont été appliquées à une série chronologique. L’intensité des exportations et l’indicateur du taux de croissance annuel composé (TCAC) ont été appliqués à une série chronologique. De plus, une analyse hiérarchique et une analyse par grappes K-means ont été utilisées pour identifier les différences entre les 23 États membres de l’UE.
L’analyse a révélé une dynamique découplée : alors que les exportations de bovins vivants ont augmenté de 58 % (passant de 2,26 milliards d’euros à 3,58 milliards d’euros), le cheptel bovin total a diminué de 8,6 % (passant de 76,2 à 69,7 millions de têtes). Trois groupes distincts d’États membres de l’UE ont été identifiés : (1) les pays présentant une forte intensité d’exportation et un cheptel bovin en déclin ; (2) les pays affichant une croissance rapide des exportations de bovins vivants à partir d’un cheptel de référence faible (groupe axé sur la croissance) ; et (3) les pays présentant une faible intensité d’exportation de bovins vivants et orientés vers le marché intérieur. Ces résultats suggèrent l’existence d’une hétérogénéité au sein des 23 États membres de l’UE dans le secteur bovin et soulèvent des inquiétudes quant à la concurrence à long terme dans le domaine des exportations de bovins vivants.
Extrait de la discussion : Une réflexion méthodologique a conduit à exclure la France de l’analyse finale par regroupement. L’analyse hiérarchique par regroupement a systématiquement classé la France comme une valeur aberrante statistique, en raison de la valeur exceptionnellement élevée de ses exportations et de la taille de son cheptel bovin. L’inclusion de la France aurait affecté l’homogénéité des regroupements et réduit l’interprétabilité des résultats. Néanmoins, la France occupe une place structurellement importante dans le secteur de l’élevage bovin de l’UE et mérite une attention particulière dans les débats politiques, compte tenu de son envergure et de son rôle central dans la production animale européenne.
Résumé en anglais (original) :
The European Union (EU) cattle sector is facing major structural reforms related to the implementation of the European Green Deal Farm to Fork Strategy and the Common Agricultural Policy (CAP) 2023–2027. This study examines changes in the export of live bovine animals and cattle population dynamics across the EU–23 Member States over the period 2014–2024. Several EU Member States experienced notable year-to-year fluctuations in live bovine animal exports relative to cattle populations. The export and live bovine animal population long-term growth trends were applied to a time series. Export Intensity and the Compound Annual Growth Rate (CAGR) indicator were applied to a time series. In addition, hierarchical and K – means cluster analysis were used to identify differences between EU-23 Member States.
The analysis revealed a decoupled dynamic: while live bovine animal export increased by 58% (from EUR 2.26 billion to EUR 3.58 billion), the total cattle population declined by 8.6% (from 76.2 to 69.7 million head). Three distinct clusters of EU Member States were identified: (1) countries with high export intensity and declining cattle population; (2) countries with rapid export growth of live bovine animals from low baseline cattle population (growth-driven cluster); and (3) countries with low live bovine animal export intensity and domestic market orientation.
These findings suggest the presence of heterogeneity within the EU–23 Member States in the EU cattle sector and raise concerns regarding long-term competition in live bovine animal exports.
A consideration of methodology France is exclusion from the final cluster analysis. Hierarchical clustering consistently classified France as a statistical outlier, exceptionally high export value and cattle population. France including would have affected the homogeneity of the clusters and reduced the interpretability of the results. Nevertheless, France is structurally significant in the EU cattle farming sector and deserves separate consideration in policy discussions, given its scale and central role in European livestock production.



