Type de document : synthèse scientifique publiée dans Applied Animal Behaviour Science
Auteurs : Habeeb Muraina, Borbala Foris
Résumé en français (traduction) : Le toilettage à l’aide de brosses chez les bovins : une analyse des avantages, des facteurs influents et des possibilités de suivi
Le toilettage chez les bovins joue un rôle essentiel dans le maintien de l’hygiène et des relations sociales. Des brosses sont mises à disposition dans les exploitations agricoles dans le cadre de l’enrichissement de l’environnement afin de faciliter le toilettage. Il a été suggéré que le brossage, en tant que comportement non indispensable à la survie, diminue en cas de maladie et pourrait donc servir d’indicateur de bien-être. Cependant, une synthèse des données scientifiques concernant la mise à disposition optimale de brosses et leur rôle dans l’amélioration et le suivi du bien-être est nécessaire. Cette revue 1) synthétise les données sur l’utilisation des brosses par les bovins dans différents systèmes de production tout en identifiant les principaux facteurs d’influence, 2) évalue les associations entre l’utilisation des brosses et le bien-être, et 3) présente les outils de surveillance et les axes de recherche supplémentaires sur le rôle du brossage dans la surveillance du bien-être. Les bovins sont enclins à utiliser les brosses, ce qui améliore l’hygiène du pelage et peut favoriser la relaxation. Cependant, les données sur les bénéfices pour les caractéristiques de production telles que la production laitière ou la prise de poids sont limitées. L’utilisation des brosses est sensible aux contraintes de temps et d’énergie ; cependant, les données concernant les changements en réponse à la maladie ne sont pas concluantes. Alors que certaines études ont rapporté une diminution de l’utilisation des brosses associée à la boiterie, aux maladies respiratoires ou à la métrite, les réponses dépendent de la gravité de la maladie, du contexte environnemental et de la variable d’utilisation des brosses considérée, et toutes les études n’ont pas constaté de différence entre les bovins en bonne santé et les bovins malades. Les niveaux d’utilisation des brosses varient également entre les groupes et les individus en bonne santé en fonction du stade de production, du système d’hébergement et de la dominance, ce qui souligne la nécessité de disposer de références individualisées pour l’évaluation du bien-être. Des données supplémentaires sont nécessaires pour clarifier dans quels contextes les brosses contribuent à induire ou à surveiller un bien-être positif. L’intégration de mesures automatisées de l’utilisation des brosses dans l’évaluation du bien-être et les études comportementales pourrait aider à préciser son rôle dans l’amélioration et la surveillance du bien-être.
Résumé en anglais (original) : Grooming in cattle serves important functions in maintaining hygiene and social relationships. Brushes are provided on farms as environmental enrichment to facilitate grooming. It has been suggested that brushing, as a behavior not necessary for survival, declines in association with illness and could thus serve as welfare indicator. However, an overview of the scientific evidence about optimal brush provision and their role in improving and monitoring welfare is missing. This review 1) synthesizes evidence on cattle brush use across production systems while identifying main influencing factors, 2) evaluates associations between brush use and welfare, and 3) outlines monitoring tools and areas for further research on the role of brushing in welfare surveillance. Cattle are motivated to use brushes, which improve coat hygiene, and may promote relaxation. However, evidence on the benefits for production traits such as milk yield or weight gain is limited. Brush use is sensitive to time and energy constraints; however, the evidence regarding changes in response to illness is inconclusive. While some studies reported suppressed brush use in association with lameness, respiratory disease, or metritis, responses depend on disease severity, environmental context, and the brush use variable considered, and not all studies found a difference between healthy and sick cattle. Brush use levels also vary across healthy groups and individuals according to production stage, housing system, and dominance, underlining the need for individualized baselines for welfare assessment. Further evidence is needed to clarify in which settings brushes help induce or monitor positive welfare. Integrating automated measures of brush use into welfare assessment and behavioral studies could help refine its role in welfare improvement and surveillance.

