Type de document : synthèse scientifique disponible avant publication dans Animal
Auteurs : Charlotte Goursot Sara Hintze, Maria Vilain Rørvang, Océane Schmitt, David Arney, Xavier Boivin, Anita Koni, Camille Montalcini, Ruth C. Newberry, Céline Tallet, Manja Zupan Šemrov, Sébastien Goumon
Résumé en français (traduction) : Revue : Le rôle de l’individualité et de la vie sociale dans la promotion du bien-être animal chez les espèces d’élevage
Le bien-être animal positif (PAW) met l’accent sur « une vie épanouie », caractérisée par l’expérience d’états affectifs majoritairement positifs, ainsi que par le développement de compétences et de résilience en fonction des capacités propres à chaque espèce et à chaque individu. Même si le concept de PAW a fait l’objet d’une attention croissante ces dernières années, il manque encore des orientations pour mettre en place de futurs systèmes d’élevage favorables au PAW. En tant qu’espèces hautement sociales, les animaux d’élevage ont le potentiel de mener une vie sociale riche, susceptible d’influencer leur bien-être. Ce phénomène a souvent été étudié sous l’angle des interactions négatives. Cependant, pour faire progresser la recherche sur le PAW, il est nécessaire de recentrer l’attention sur la manière dont les interactions affiliatives peuvent contribuer à créer et à maintenir une dynamique de groupe positive. Les interactions affiliatives reposent principalement sur des préférences sociales qui, à leur tour, dépendent des individus concernés et de leur contribution à la cohésion du groupe. Reconnaître le caractère unique de chaque individu dans sa perception, sa cognition et son évaluation constitue un défi pour garantir le bien-être animal positif non seulement au niveau individuel, mais aussi au niveau du groupe. Dans cette revue narrative, nous soutenons que la combinaison de l’étude de l’individualité et de la vie sociale générera des connaissances pratiques pouvant être utilisées pour promouvoir le bien-être animal positif. Nous examinons tout d’abord comment les différences individuelles en matière de capacités sensorielles et cognitives façonnent l’évaluation que font les vertébrés de leur environnement et influencent la PAW. Nous abordons ensuite les caractéristiques clés de la vie sociale (intraspécifique et interspécifique), telles que les interactions d’affiliation, la facilitation sociale et la socialisation, ainsi que leur pertinence pour la PAW. Enfin, nous explorons comment l’interaction entre l’individualité et la vie sociale peut créer des conditions propices au bien-être animal. Pour cela, nous nous concentrons sur les concepts de sociabilité et de compétence sociale, qui constituent des axes de recherche prometteurs pour l’avenir. Dans l’ensemble, cette revue illustre un cadre complexe issu de l’interaction entre l’individualité et la vie sociale, et ouvre la voie à la promotion du bien-être animal dans les exploitations agricoles ainsi qu’à l’amélioration de la gestion des animaux.
Résumé en anglais (original) : Positive animal welfare (PAW) emphasises “a good life“ marked by the experience of predominantly positive affective states, and the development of competence and resilience according to species-specific and individual capabilities. Even though the concept of PAW has received increasing attention in past years, guidance for shaping future PAW-friendly farming systems is lacking. As highly social species, farmed animals have the potential to experience a rich social life that can influence their welfare. This has often been studied through the lens of negative interactions. However, to advance research on PAW, a focus shift on how affiliative interactions can contribute to and maintain positive group dynamics is needed. Affiliative interactions are mostly based on social preferences that are, in turn, dependent on the individuals involved and their contribution to group cohesion. Acknowledging the uniqueness of each individual in their perception, cognition and appraisal is a challenge for ensuring PAW not only at the individual level but also at the group level. In this narrative review, we argue that combining the study of individuality and social life will generate practical knowledge that can be used for promoting PAW. We first examine how individual differences in sensory and cognitive capabilities shape vertebrate animals’ appraisal of their environment and influence PAW. We then discuss key features of (intraspecific and interspecific) social life, such as affiliative interactions, social facilitation and socialisation, and their relevance for PAW. Finally, we explore how the interplay between individuality and social life can create conditions conducive to PAW. For this, we focus on the concepts of sociability and social competence as promising future research areas. Collectively, this review illustrates a complex framework emerging from the interplay between individuality and social life, and paves the way for promoting PAW on farms and improving animal management.



