Skip to main content
Cognition-émotionsInvertébrés

Flexible self-protection as evidence of pain-like states in house crickets

By 18 juin 2026No Comments

Type de document : article scientifique publié dans les Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences 

Auteurs : Manzi, O, Lynch, KE, Allman, DM, Latty, T, White, TE

Résumé en français (traduction) : Une stratégie d’autoprotection flexible comme indicateur d’états semblables à la douleur chez les grillons domestiques
Savoir si les insectes ressentent la douleur constitue un domaine de recherche pionnier à la croisée du comportement, de la cognition et de la philosophie de l’esprit. L’intérêt pour ce sujet a été alimenté non seulement par des découvertes anatomiques, mais aussi par des données comportementales et comparatives de plus en plus nombreuses. Les principaux modèles théoriques mettent l’accent sur les indicateurs comportementaux d’une expérience de type douloureux, tels que des réactions souples et ciblées face à une agression, allant au-delà du simple retrait réflexe. Dans le cadre de cette étude, nous avons cherché à mettre en évidence de telles réactions chez le grillon domestique (Acheta domesticus), une espèce importante tant sur le plan évolutif que commercial. À l’aide d’un protocole en aveugle total et intra-sujets, nous avons appliqué une chaleur nocive, un contact tactile inoffensif ou aucun contact à une seule antenne dans des conditions environnementales de stress faible et élevé, et avons enregistré le comportement de toilettage. Les grillons étaient significativement plus enclins à toiletter l’antenne ayant subi une stimulation nocive et le faisaient plus longtemps que dans les conditions de contrôle ou de traitement tactile. Le toilettage a également présenté un profil temporel distinct, avec une activité élevée qui s’est maintenue tout au long de la période d’observation initiale. Les conditions environnementales et le sexe n’ont eu aucun effet, ce qui indique que le toilettage d’autoprotection s’est manifesté de manière constante tout au long de l’expérience. Ces résultats fournissent des preuves solides d’une autoprotection flexible et ciblée chez les Orthoptères, comblant ainsi une lacune majeure dans les preuves relatives aux états de type douleur chez les non-vertébrés. Cela renforce l’argument en faveur de la prise en compte du bien-être des insectes et a des implications sur la manière dont l’expérience sensorielle est répartie à travers le règne animal.

Résumé en anglais (original) : The possibility that insects experience pain is a frontier question at the intersection of behaviour, cognition and philosophy of mind. Interest has been fuelled not only by anatomical discoveries but also by expanding behavioural and comparative evidence. Leading frameworks emphasize behavioural indicators of pain-like experience such as flexible, targeted responses to harm beyond reflexive withdrawal. Here, we tested for such responses in the house cricket (Acheta domesticus), a species of evolutionary and commercial importance. Using a fully blinded, within-subjects design, we applied noxious heat, innocuous tactile contact or no-contact to a single antenna under lower- and higher-stress environmental conditions and recorded grooming behaviour. Crickets were significantly more likely to groom the noxiously stimulated antenna and did so for longer than under control or tactile treatments. Grooming also showed a distinct temporal profile, with elevated activity sustained across the early observation period. Environmental conditions and sex had no effect, indicating that self-protective grooming was expressed consistently throughout. These findings provide robust evidence of flexible, site-directed self-protection in Orthoptera, addressing a key gap in evidence for pain-like states outside vertebrates. This strengthens the case for consideration of insect welfare and bears on how felt experience is distributed across the animal kingdom.

Logo des Proceedings of the Royla Society B
Extrait du site des Proceedings of the Royal Society